Charpentier à Briey : décennale, après-mine et entreprises
Ferme de toiture qui travaille, panne à remplacer avant de reprendre la couverture, plancher qui fléchit, ossature bois à monter pour une extension : ces chantiers sortent du champ de la couverture et relèvent d’un autre métier. Briey a une raison de plus de s’y intéresser. La ville est posée au-dessus de la vallée du Woigot, au cœur du Pays Haut, le bassin de fer lorrain, et beaucoup des maisons du secteur viennent des cités ouvrières construites par les compagnies minières au début du XXe siècle. Des charpentes qui atteignent ou dépassent le siècle, sur un sous-sol qui a bougé, cela donne trois questions à traiter avant de signer : l’état du bois, ce que la garantie décennale couvre réellement, et ce que l’après-mine impose encore.
Charpentier et couvreur, deux métiers qui se touchent
Le charpentier travaille la structure : fermes, pannes, chevrons, voliges, planchers, ossatures bois. Le couvreur travaille l’enveloppe : tuiles, ardoises, zinguerie, écrans et fixations. Les deux se croisent en permanence sur une toiture, et c’est justement là que les devis deviennent difficiles à comparer, parce que la même phrase, « reprise de la charpente et de la couverture », peut désigner trois semaines de travail ou trois jours.
Dans le registre des activités déclarées, les deux métiers portent d’ailleurs des codes voisins : 43.91A pour les travaux de charpente, 43.91B pour la couverture. Cette proximité explique la suite de cette page : la liste d’entreprises publiée plus bas est celle des établissements déclarés en charpente, et l’on y trouve aussi des entreprises dont le nom annonce la couverture. Le code dit ce que l’entreprise déclare, pas la nature exacte du chantier qu’elle acceptera.
Sur une charpente ancienne, le vrai sujet n’est presque jamais la dépose complète. C’est le diagnostic : ce qui est sain, ce qui est attaqué, ce qui peut être doublé ou remplacé pièce par pièce, et ce qui impose de reprendre la structure entière. Un charpentier sérieux ouvre, sonde et montre avant de chiffrer. Une entreprise qui annonce un prix au téléphone, sans avoir vu la charpente ni percé un bois, chiffre un chantier qu’elle ne connaît pas.
La décennale, l’assurance qui compte sur une charpente
Une charpente est un ouvrage de structure. Une pièce mal dimensionnée, un assemblage mal exécuté ou une reprise mal liaisonnée peut fissurer un plafond, déformer une toiture ou faire bouger une maison pendant des années. C’est exactement le terrain de la garantie de responsabilité civile décennale, obligatoire pour les travaux de construction et de rénovation qui relèvent du bâtiment, et l’attestation doit être jointe au devis et à la facture.
Source : Garantie décennale des constructeurs, Service Public.
Trois vérifications valent mieux qu’une promesse orale. L’attestation doit couvrir l’année en cours, le nom du chantier doit correspondre au métier réellement exercé, et la date de prise d’effet de la garantie doit être connue : une entreprise immatriculée depuis quelques mois est parfaitement légitime, mais le client doit savoir ce qu’il achète. Pour un simple remplacement de planches sur un abri, c’est la responsabilité civile professionnelle qui s’applique, pas la décennale, et il faut la demander aussi.
La charpente n’est pas nommée dans la liste du devis obligatoire
Le devis préalable écrit n’est pas imposé pour la charpente : elle ne figure pas dans la liste officielle des travaux et dépannages concernés, qui comprend en revanche la maçonnerie, la couverture et la toiture, la menuiserie, la plomberie, l’électricité, l’isolation ou la serrurerie.
Source : Devis obligatoire : activités concernées, Service Public Entreprendre, fiche vérifiée le 9 septembre 2022.
En pratique, l’obligation arrive presque toujours, parce qu’un chantier de charpente s’accompagne d’un peu de maçonnerie, de couverture ou de fixation de menuiseries. Et surtout, un devis écrit reste le seul document qui permette de vérifier ce qu’on paie. Trois lignes sont à exiger : le détail des pièces remplacées avec leurs sections ou leurs dimensions, ce qui est conservé et ce qui part à la déchetterie, et le traitement du bois prévu, fongicide ou insecticide, ou son absence.
L’entreprise ne remet pas ce type de détail de bon cœur ? Il vaut mieux le savoir avant que les échafaudages montent.
Un sous-sol qui a bougé : l’après-mine du bassin ferrifère
C’est la particularité de ce secteur, et elle se voit dans les actes notariés comme dans l’urbanisme. Le bassin de fer de Briey était l’un des plus productifs d’Europe : à la veille de la Première Guerre mondiale, la Lorraine française a extrait 19,5 millions de tonnes de minerai, dont 15,1 millions pour le seul bassin de Briey. Source : Le bassin ferrifère de Briey durant la guerre de 1914-1918, Revue historique des armées, 1981. L’extraction s’est poursuivie bien après : la minette lorraine ne s’arrête qu’en 1997, à la mine des Terres Rouges d’Audun-le-Tiche. Source : Extraction de la minette, Université de Lorraine.
Les vides laissés sous terre ont produit ce que les habitants connaissent comme des affaissements. Le premier des trois qui ont marqué la vallée de l’Orne a eu lieu le 4 octobre 1996 : 150 familles sinistrées et évacuées à Auboué, puis 90 autres en mai 1997 à Moutiers, la quasi-totalité des maisons touchées à Auboué étant vouée à la démolition plutôt qu’à la réparation. Source : Les affaissements dans le bassin minier du Pays Haut Lorrain, Annales des Mines, janvier 1999. Auboué est à une poignée de kilomètres de Briey, et l’épisode a conduit l’État à encadrer l’urbanisation de l’après-mine.
Ce cadre existe désormais, et il s’applique ici. Le plan de prévention des risques miniers du secteur de Briey a été approuvé par arrêté préfectoral du 23 août 2016 et couvre les communes de Briey, Jœuf, Homécourt, Moineville, Moutiers, Valleroy et Auboué. Source : PPRM secteur de Briey, préfecture de Meurthe-et-Moselle. Briey est aujourd’hui le bourg principal de Val de Briey, la commune nouvelle créée au 1er janvier 2017 avec Mance et Mancieulles, la première du département. Source : La commune nouvelle, Val de Briey.
Ce que cela change pour une charpente est simple à résumer. Un mouvement de terrain, même lent, déforme les appuis : la ferme ne travaille plus à plat, les assemblages forcent, des fissures apparaissent aux points d’appui et une panne se met à porter en travers. Avant de projeter une extension, une surélévation ou une reconstruction, il faut donc vérifier si la parcelle est concernée par une zone d’aléa du PPRM, car le règlement peut interdire de construire ou imposer des prescriptions de fondation et de structure. Le plan est consultable en mairie et en préfecture. À noter aussi que la plupart des maisons concernées par les affaissements de 1996 ont été rachetées et démolies : sur un terrain nu de ce secteur, la question de ce qu’il y avait avant, et de ce qu’il y a dessous, se pose avant celle des plans de charpente.
Termites et mérule : ce que la réglementation prévoit ici
Le bois de charpente est exposé à deux ennemis biologiques, les insectes xylophages et les champignons lignivores. Le dispositif français s’active par arrêté préfectoral, zone par zone. En Meurthe-et-Moselle, la préfecture est claire : il n’existe pas d’arrêté préfectoral termites dans le département, ni d’arrêté préfectoral mérule. Deux conséquences en découlent, que la préfecture énonce elle-même : en cas de vente d’un immeuble bâti, un état du bâtiment relatif à la présence de termites n’est pas obligatoire, et, en cas de construction ou d’aménagement neuf, les mesures de protection contre les termites ne sont pas obligatoires non plus. Source : Termites et mérules, préfecture de Meurthe-et-Moselle.
Il faut le dire sans détour : cela ne signifie pas que le bois est protégé, seulement que personne n’est tenu de le vérifier. L’obligation de déclarer en mairie la présence de mérule, prévue à l’article L. 133-7 du code de la construction et de l’habitation, s’applique dans les zones délimitées par un arrêté préfectoral. Dans ce département, aucune zone de ce type n’est délimitée, donc aucun diagnostic parasitaire obligatoire ne viendra vous alerter lors d’une vente. Dans un pays humide, sur des charpentes de plus d’un siècle, c’est l’examen direct qui joue ce rôle : un bois qui sonne creux, des galeries visibles, une odeur de champignon près d’un mur humide, un bas de mur qui s’effrite. Un charpentier qui ouvre une charpente pour réparer le verra ; un acheteur qui se fie au silence des documents ne le verra pas.
Ce qui fait varier un devis de charpente
- Le type de charpente : charpente traditionnelle en fermes et pannes, fermettes industrielles des années 1970, ossature bois récente. La réparation pièce par pièce est possible sur les premières, beaucoup moins sur les fermettes, où le remplacement d’une seule pièce fragilise l’ensemble
- L’accès et l’échafaudage, qui dépendent de la hauteur, de la pente et de l’environnement immédiat, une mitoyenneté ou une ligne électrique aérienne changeant le montage
- Ce qui est caché : les dégâts découverts sous la couverture après dépose font partie des vraies surprises d’un chantier, et le devis doit dire comment elles seront traitées
- Le bois lui-même : essence et provenance, séchage, section, contreventement pour une ossature neuve. Un écart de prix sur la charpente se lit souvent là
- Le traitement : fongicide, insecticide, ou rien si le bois est sec et ventilé. La question mérite d’être posée par écrit
- Le lien avec la couverture : écran sous-toiture, liteaux, zinguerie des rives et des noues. Un chantier de charpente sans couvreur associé est une source de malfaçons classique, avec chacun qui renvoie la responsabilité à l’autre
- L’évacuation des bois déposés, qui se compte en bennes et en trajets, et que les entreprises oublient volontiers de chiffrer
Vérifier une entreprise en trois minutes
- Le SIRET sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr : activité déclarée, adresse, et surtout établissement actif ou cessé
- L’attestation décennale de l’année en cours, avant de signer, avec le métier réellement couvert
- Le nom de celui qui pose : sur un chantier de charpente et de couverture, la sous-traitance est fréquente. Demander qui monte sur le toit, et vérifier que l’entreprise qui signe le devis est bien celle qui exécute
Les entreprises de charpente immatriculées autour de Briey
Liste établie le 21 septembre 2026 à partir du registre national des entreprises, établissements dont l’activité principale déclarée est la charpente (43.91A), classés par distance calculée depuis le centre de la commune. Source : annuaire des entreprises, données ouvertes, SIRET indiqué pour chaque ligne. Ce classement par distance est un relevé, ni une note ni une recommandation, et aucun partenariat n’existe avec ces entreprises.
| Entreprise | Commune | Adresse déclarée | Distance | SIRET | Immatriculée en |
|---|---|---|---|---|---|
| JOCELYN CILANO (MBI) | Val de Briey | 34 rue du Maréchal Joffre, Briey | 2,3 km | 790 237 655 00010 | 2013 |
| SCHAFER TOITURES | Val de Briey | 3 rue de la Lombardie | 5,8 km | 533 362 513 00012 | 2011 |
| DAVID ALVES | Val de Briey | 15 rue Sarre-l’Évêque | 5,8 km | 801 853 888 00015 | 2014 |
| PETAMENT CHARPENTE COUVERTURE | Trieux | zone de la Haie | 7,2 km | 803 095 132 00020 | 2014 |
| AURELIEN MARONNE | Bouligny | 19 allée de la Bataille | 7,8 km | 519 281 646 00041 | 2010 |
| TONY COUVERTURE | Moutiers | mine de Moutiers, Moutiers-Bas | 8,5 km | 951 905 538 00017 | 2023 |
| SARL HEMLOCK | Audun-le-Roman | ZA du Triage | 10,4 km | 505 327 270 00011 | 2008 |
| ADMIR HYKA (GOODWOOD) | Jœuf | 128 rue de Franchepré | 11,7 km | 942 259 748 00013 | 2025 |
| LE BRAS FRERES | Jarny | 69 rue Victor Hugo | 12,2 km | 320 182 447 00021 | 1978 |
| ERIC CIGANA (TECHNI TOITURE ET HABITAT) | Jarny | 51 avenue Lafayette | 12,6 km | 939 311 338 00015 | 2025 |
| KBOIS CONSTRUCTION | Jarny | 33 avenue de la République | 12,8 km | 842 011 553 00018 | 2018 |
| SMTL | Beuvillers | 2 rue Principale | 13,1 km | 531 085 967 00010 | 2011 |
| CV TOITURE | Mars-la-Tour | 62 rue de Verdun | 19,6 km | 825 180 375 00024 | 2017 |
Treize établissements seulement dans un rayon de 20 kilomètres, dont un écarté de ce relevé faute de coordonnées exploitables dans la base : la charpente est un métier rare, et le dire vaut mieux que de gonfler la liste. Un seul de ces établissements est à moins de 5 kilomètres, rue du Maréchal Joffre, dans le bourg même de Briey, et six sont à moins de 10 kilomètres. Les autres sont à Trieux, Bouligny, Moutiers, Audun-le-Roman, Jœuf et Jarny. Deux des trois établissements du code postal 54150 se trouvent à 5,8 kilomètres du centre de Briey, ce qui s’explique par la géographie de la commune nouvelle : le 54150 couvre aussi Mance et Mancieulles, où sont installés la plupart des artisans de Val de Briey.
Trois réserves de lecture, pour finir. Trois de ces treize lignes portent un nom de couverture, Schafer Toitures, Tony Couverture et CV Toiture, alors qu’elles sont classées sous le code charpente : elles peuvent faire les deux, ou seulement la couverture. Un établissement, Petament Charpente Couverture, annonce les deux métiers dans son nom. Enfin, la taille compte pour un chantier de structure : Le Bras Frères, à Jarny, est le seul à déclarer un effectif de plus de 20 salariés, les autres se situant entre 1 et 9 salariés ou sans effectif renseigné. Pour une ferme de toiture à reprendre, la question n’est pas la même que pour une ossature bois neuve.
Pour aller plus loin
- Maçon à Briey : devis, obligations et entreprises vérifiées
- Électricien à Briey : devis, obligations et entreprises vérifiées
- Peintre à Briey : devis, obligations et entreprises vérifiées
- Artisans et travaux à Briey : les métiers du bâtiment, du dépannage et de la réparation
- La Cité radieuse de Briey, l’unité d’habitation de Le Corbusier
- Mairie de Val de Briey : adresse, horaires et contacts