La Cité radieuse de Briey, l'unité d'habitation de Le Corbusier

Plaque commémorative de la Cité radieuse de Le Corbusier à Briey
Photo : Peter.Pielmeier, CC0 (Wikimedia Commons)

Sur les hauteurs de Briey, à l’écart du vieux bourg et à l’orée de la forêt, se dresse un bâtiment qui ne ressemble à rien d’autre dans le Pays de Briey. Posé sur de hauts piliers, il porte la signature de Le Corbusier : c’est l’unité d’habitation de Briey, appelée aussi Cité radieuse de Briey-en-Forêt, construite entre 1959 et 1960 et inaugurée en 1961.

Un quartier neuf en pleine forêt

Le bâtiment est né d’un contexte précis. Au début des années 1960, le bassin de Briey vit encore au rythme des mines de fer et de la sidérurgie, qui emploient des milliers de personnes et font grossir la population. Pour loger ces familles, un nouveau quartier d’habitation est imaginé en pleine forêt, sur le secteur de Briey-en-Forêt.

L’architecte en chef de ce quartier est Georges-Henri Pingusson. C’est lui qui dessine deux ensembles de cent logements et une école à proximité. Le Corbusier, de son côté, signe une unité d’habitation reprenant le modèle qu’il a établi pour la Cité radieuse de Marseille. L’ouvrage est construit pour l’Office départemental des HLM.

Un immeuble pensé comme une rue

L’unité d’habitation de Briey appartient à une famille de bâtiments conçus comme des morceaux de ville empilés : des logements, mais aussi des circulations intérieures assez larges pour tenir lieu de rues, d’où le nom de « première rue » donné à l’un des niveaux. Le bâtiment culmine à une cinquantaine de mètres et compte plusieurs centaines de logements, du petit appartement aux grands logements familiaux.

C’est précisément ce dispositif intérieur qui a valu à l’édifice sa protection. Lors de l’inscription au titre des monuments historiques, en 1993, celle-ci a porté sur les façades, les toitures et le portique, mais aussi sur le hall avec son comptoir, sur la première rue et sur plusieurs appartements témoins. Le bâtiment est également labellisé « Patrimoine du XXe siècle ». Il appartient aujourd’hui en partie au centre hospitalier de Briey.

Les années noires

La suite de l’histoire est celle de tout le bassin. Les mines ferment dans les années 1960, la récession s’installe et l’immeuble, isolé du reste de la commune, se vide. Des malfaçons sont découvertes, l’entretien se dégrade, les locataires les plus modestes partent les premiers. En décembre 1966, sur 339 logements, 90 sont déjà inoccupés. Le chiffre monte à 130 en mars 1969, puis à près de 300 en décembre 1983, quand les derniers locataires sont évacués. La fermeture définitive est annoncée pour octobre 1984.

Le sauvetage d’une oeuvre

La démolition est alors sur la table. Elle n’aura pas lieu. Le nouveau maire de Briey, Guy Vattier, s’y oppose et un comité de défense se met en place. L’hôpital devient propriétaire d’une partie du bâtiment et y installe une école d’infirmières. En 1989 naît l’association La Première Rue, fruit du parrainage international d’une trentaine d’architectes et d’artistes qui, avec le soutien de la commune, ont voulu protéger et valoriser cette oeuvre. L’association organise depuis des manifestations culturelles consacrées aux arts plastiques et à l’architecture.

D’autres étapes suivent : vente des appartements restants à des propriétaires privés en 1991, inscription le 26 novembre 1993 de l’ensemble protégé, inscription en 2007 des façades et toitures de l’ancienne chaufferie et de son portique, puis restauration complète des façades en 2010, après trois ans de travaux menés sous la direction des architectes Medrea et Ferauge. L’immeuble a retrouvé à cette occasion sa polychromie d’origine.

Visiter et se repérer

La Cité radieuse se trouve dans le secteur de Briey-en-Forêt, au-dessus de la vallée du Woigot. On y accède en voiture depuis le centre de Briey, et surtout à pied : le sentier vert des Lignes du Paysage, qui traverse le secteur, permet d’y arriver en marchant entre ville et forêt. Le détail de ces circuits est dans notre page sur le patrimoine et les balades à Briey.

Les conditions d’ouverture et de visite ne sont pas permanentes, puisque le bâtiment mêle parties privées, propriété hospitalière et espaces occupés par l’association La Première Rue. Le plus simple est de se renseigner avant de monter, en consultant la page que la commune consacre à la Cité radieuse (valdebriey.fr) ou en appelant l’accueil de la mairie, 1 place de l’Hôtel de ville à Briey.

À voir aussi à Briey

Le patrimoine de la ville se lit en contrebas, dans la vieille ville : remparts, beffroi, hôtel de ville du dix-huitième siècle, ancien hôpital Saint-Charles. Notre article sur l’histoire de Briey raconte comment ce bourg fortifié est devenu une ville d’acier, et notre page sur la découverte de Briey explique la ville haute et la vallée du Woigot.

Un guide indépendant

Ce site est un guide éditorial consacré à Briey, édité indépendamment. Il n’est pas le site de la mairie et ne s’y substitue pas : pour toute démarche administrative, rendez-vous sur les sites officiels de la commune et des services publics.

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