Des agriculteurs bloquent le dépôt pétrolier de Saint-Baussant
Cent cinquante à deux cents agriculteurs se sont rassemblés dimanche 20 septembre devant le dépôt pétrolier de Saint-Baussant, près de Pont-à-Mousson, à la limite de la Meuse. L’action, menée par les Jeunes Agriculteurs de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse et de la Moselle, était prévue pour durer vingt-quatre heures, avec l’objectif de bloquer les livraisons du site.
Huit tracteurs stationnaient devant le portail, une vingtaine d’autres ayant été retenus par les gendarmes. Le lieu a été choisi pour son caractère stratégique : Saint-Baussant est un dépôt primaire, d’où partent les camions qui alimentent les stations-service et les gros clients du Grand Est. C’est la première fois que le syndicat agricole y mène une action, même si le site a déjà servi de point de blocage lors des mouvements des gilets jaunes et de la réforme des retraites.
Les revendications portent sur le gazole non routier et les aides. Les Jeunes Agriculteurs réclament le versement rapide des aides promises au printemps 2026, dont la prise en charge de 15 centimes par litre de GNR annoncée le 21 mai puis prolongée jusqu’au 31 décembre pour accompagner les travaux d’automne. Ils demandent aussi une baisse du prix du carburant. « On fait des dossiers mais on n’est pas payés », résume Thomas Voisin, secrétaire général des JA de la Meuse.
Les gendarmes étaient déployés aux entrées du site, sans incident, le dispositif étant conforme à l’autorisation de manifestation. Les organisateurs préviennent qu’ils reviendront si rien ne bouge : « Sans acte, on reviendra ».
Ce que ça change dans le Pays de Briey
Le Pays de Briey compte encore de nombreuses exploitations, et cette mobilisation départementale est suivie de près par la profession. Au-delà des fermes, le blocage d’un dépôt pétrolier du Grand Est peut avoir des effets sur l’approvisionnement des stations-service, un sujet sensible depuis la flambée des prix du carburant.
Sur les routes du département, la prudence reste de mise quand circulent des convois de tracteurs. Les Jeunes Agriculteurs annoncent d’autres actions si les paiements attendus n’arrivent pas, et le mouvement est également suivi par la FDSEA.