
Le témoignage d’une autre époque qui n’a plus sa place aujourd’hui. Assis dans son salon à Moyeuvre-Grande, lunettes sur le bout du nez, Étienne Sanchés feuillette des photos soigneusement imprimées. Sur chacune d’elles, il apparaît entouré d’ami, sourires et dossards épinglés. Autant d’instantanés qui racontent une vie au rythme de la course à pied. À 71 ans, cet ancien dentiste s’apprête à prendre pour la 33e fois le départ de la Piste de Napatant à Briey. Un record. Il est le seul à avoir participé à toutes les éditions de la boucle briotine. La première, en 1993, est gravée dans sa mémoire.
Coureur depuis ses années de faculté, le Jovicien de naissance s’est très tôt engagé pour une certaine idée de la course à pied. En 1985, il devient président du mouvement Spiridon de Lorraine, qui défend une pratique libertaire et conviviale : courir pour le plaisir. En 1991, il participe à la création de la première ronde hivernale de Jœuf. Un rendez-vous gratuit, début janvier, avec casse-croûte et plongeon dans la piscine à l’arrivée.
« Mon Napatant est mort à la 30e édition »
L’année suivante, trois membres de Briey Marathon, René Lepage, Jean-Pierre Beaudouin et René Hittin, prennent part à cette course. Séduits par l’esprit de l’événement, ils envisagent d’organiser une course du même type à Briey. « Jean-Pierre m’a appelé deux jours plus tard », sourit-il. De leurs échanges naîtra la Piste de Napatant, en 1993. Une grande nouvelle pour Étienne Sanchés, qui voyait en cette course le format qu’il aimait. « Une bonne bière à l’arrivée, un casse-croûte et des discussions entre copains. »
Au départ, l‘événement briotin était son idéal de course. Amoureux du parcours mais surtout de la dernière montée, il est aujourd’hui « nostalgique de l‘époque ». Le format a évolué et les courses sont devenues de plus en plus « professionnelles. » « Mon Napatant est mort à la 30e édition », regrette-t-il. Cette année-là, pour fêter l’occasion, les organisateurs avaient décidé d’offrir une voiture avec un tirage au sort. « Forcément, les tarifs ont augmenté et les consommations sont devenues payantes », observe celui qui était à l‘école avec Michel Platini.
Porte-parole d’une autre époque
Ses amis de Briey Marathon connaissent sa sensibilité. « Ils savent que ce n’est pas tout à fait ce que j’aime. Mais je ne vais pas leur reprocher de faire quelque chose qui fonctionne. » En riant, il se décrit comme « le vieux con qui râle », préférant « ouvrir un peu [sa] gueule plutôt que démissionner ». Cette course, il l’aime, il a grandi avec et ne se voit pas rater une édition tant qu’il sera capable d’enchaîner les kilomètres.
Une manière pour lui de « perpétuer la parole portée il y a quarante ans avec Spiridon pour que l’on puisse courir librement » mais aussi pour montrer ce dont il est capable, « en tant que dernier des derniers ».
Longtemps, la course à pied a été une passion dévorante. Aujourd’hui, elle s’est transformée en passe-temps, souvent remplacée par la marche, plus adaptée à ses articulations. Depuis sa retraite en 2021, celui qui rêvait de devenir journaliste sportif a aussi trouvé un nouvel équilibre dans le chant, au sein de plusieurs chorales. Une autre façon de travailler son souffle, de cultiver le collectif et de continuer à avancer à son rythme.
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