À Serrouville, Solène Strappa transforme des mèches de cheveux en gestes de solidarité

Coiffeuse indépendante installée à Serrouville, près de Briey, Solène Strappa a lancé une collecte de cheveux destinée aux grands brûlés victimes de la catastrophe de Crans-Montana, en Suisse. Une initiative solidaire née d’une simple discussion, devenue un formidable élan humain.

Une idée née dans un salon de coiffureTout commence par une cliente. En pleine coupe, celle-ci évoque l’appel lancé depuis la Suisse pour collecter des cheveux afin de fabriquer des perruques pour les victimes gravement brûlées de Crans-Montana. Touchée, Solène Strappa décide d’agir. « Dans le sud de la France, beaucoup de coiffeuses le font déjà. Dans le Nord, pour l’instant, je suis la seule », explique-t-elle.Une sensibilité personnelle et universelleSi cette cause résonne particulièrement chez la jeune femme, c’est aussi pour des raisons personnelles. « J’ai de la famille en Suisse, et je suis maman de deux petites filles », confie-t-elle. Pour Solène, la catastrophe rappelle une réalité partagée par tous : « Ce sont des choses qui peuvent arriver à n’importe qui. Si on peut aider, alors on aide. »Un engagement déjà ancré dans son quotidienCette initiative n’est pas un acte isolé. Depuis longtemps, Solène refuse de jeter les cheveux coupés dans son salon. Elle les transmet à des associations qui les utilisent pour dépolluer les océans, notamment grâce à des filtres confectionnés à partir de collants en nylon. Une démarche écologique et solidaire déjà bien installée.Du temps, de l’énergie… et beaucoup d’émotionPour cette collecte, la coiffeuse offre les coupes, en dehors de ses horaires habituels. Un investissement personnel assumé. « Ça prend du temps, un peu d’argent, mais le retour sera bien meilleur », assure-t-elle. Sur les réseaux sociaux, la mobilisation dépasse toutes ses attentes. Chaque don raconte une histoire : maladie, prévention, transmission, empathie.Parmi les moments les plus marquants, celui d’une femme venue offrir des cheveux coupés… en 1990. Conservés pendant plus de trente ans, ils trouvent aujourd’hui une nouvelle utilité. « Elle était très émue. Moi aussi. C’est extraordinaire ce qui se passe », raconte Solène.Redonner dignité et espoirLes cheveux collectés seront envoyés en Suisse, où un perruquier italien confectionnera gratuitement des perruques pour les enfants victimes. Une perspective qui remplit Solène de joie. « Savoir que ça peut leur redonner une part de dignité, c’est extrêmement gratifiant. »Initialement prévue pour un mois, la collecte pourrait bien devenir permanente. Déjà, des demandes arrivent de toute la France. « Finalement, je crois que ça ne s’arrêtera pas », sourit-elle.